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Bruno Simplicio, postulateurDans le cadre de l’année Brésillac, la communauté SMA de Rome (via della Nocetta) s’est réunie, le vendredi 21 février 2014, autour du P. Bruno Semplicio, postulateur de la cause de ce « serviteur de Dieu ». Le P. Semplicio a choisi de présenter l’état de cette cause en répondant aux questions : pourquoi ? comment ? avec qui ? quand ?

Pourquoi ? Lorsque l’Église fait des canonisations, elle veut stimuler les chrétiens en leur proposant des modèles concrets. La vie de certains saints montre qu’eux-mêmes aimaient écouter, lire, méditer la vie des saints. Chaque saint a un message à donner à son époque. La radicalité de ses réponses secoue notre paresse. Les saints sont un commentaire vivant de l’évangile.
Quand le saint a été un fondateur, il faut observer l’appel particulier qu’il a reçu : c’est un message qu’il veut donner au monde à travers sa famille spirituelle. Il aidera cette famille à se doter d’une personnalité marquée.
On ne naît pas saint, on le devient. Il est clair que le saint canonisé a fait des progrès durant sa vie : on peut parler d’avancement spirituel. Tous les chrétiens sont appelés à devenir des saints… même si tous ne seront pas canonisés ! Un saint, c’est un baptisé qui se comporte conformément aux recommandations de l’évangile.

Comment progresse une cause ? Le rassemblement des documents (témoignages, écrits…) connaît deux phases : la phase diocésaine et la phase romaine. La collecte des témoignages et des écrits commence normalement dans le diocèse où le « serviteur de Dieu » est mort (c’est là qu’on l’a bien connu à la fin de sa vie)… sauf dérogation : ce fut le cas pour Mgr de Brésillac, car à Freetown (Sierra Leone), on n’aurait rien trouvé à son sujet cent ans après sa mort. L’enquête diocésaine a donc été conduite dans le vicariat du diocèse de Rome. À sa conclusion, elle a été transférée au Vatican, à la Congrégation des Causes des Saints. Les écrits et témoignages recueillis ont été rassemblés dans une ‘copie publique’ (deux exemplaires : l’un à la Congrégation et l’autre chez le postulateur). Ils constituent un ensemble de 42 volumes pour environ 12 000 pages. À partir de ces volumes, on rédige la ‘positio’ sur la vie, les vertus, la renommée de sainteté du serviteur de Dieu. Pour ce travail, la Congrégation nomme un rapporteur, et le postulateur travaille selon ses directives. Cependant, dans notre cas, un changement de rapporteur a provoqué du retard dans cette rédaction. Une fois imprimée, la positio, après un temps d’attente plutôt long (les ‘positiones’ à examiner sont nombreuses), sera examinée par des consulteurs historiens et ensuite par des consulteurs théologiens.

Quand ? C’est autour de 1990 qu’une assemblée générale SMA a demandé qu’on instruise cette cause. Plusieurs confrères (dont ce n’était pas le travail principal) ont rassemblé des éléments. C’est en 1998 que Bruno Semplicio a été nommé postulateur, à plein temps. Depuis 1990, les recherches sur Mgr de Brésillac explosent : on a publié ses lettres, ses Souvenirs, plusieurs biographies, des études sur sa spiritualité. Certaines causes avancent très vite : ex. Jean-Paul II « santo subito ! », ou celles des martyrs. La popularité dont ce pape a joui y a contribué fortement. De son vivant, ce serviteur de Dieu avait déjà une « réputation de sainteté ».
Si l’examen de la ‘positio’ se révèle positif, le pape déclare l’héroïcité des vertus du serviteur de Dieu, et celui-ci est déclaré ‘vénérable’. Si on dispose d’un miracle reconnu officiellement, la voie est ouverte à la béatification. Il est bien difficile de faire des prévisions sur la durée de tout ce processus.

Avec qui ? Il revient au postulateur de faire le travail nécessité par les exigences de la procédure. Il doit aussi faire une œuvre de « promotion » pour faire connaître ce « serviteur de Dieu » et ce que celui-ci peut apporter. Cette « promotion » incombe également à tous les « fils de Brésillac » : à tous les confrères engagés dans la formation, dans la pastorale missionnaire et vocationnelle. Quand des confrères visitent des malades, ils peuvent leur rappeler que la prière à un « candidat à la canonisation » peut obtenir des grâces, des faveurs ou des améliorations inexplicables en l’état actuel de la science. L’Église discernera s’il faut y voir le doigt de Dieu. Puisque Mgr de Brésillac a donné sa vie pour l’évangélisation de l’Afrique, c’est peut-être dans ce continent qu’il accordera les signes voulus pour faire reconnaître sa sainteté.

Des questions et échanges ont ponctué cet exposé. Les Indiens, qui souffrent encore aujourd’hui des séquelles du système des castes, pourront être attirés par ce précurseur qui s’y est attaqué autour de 1850 parce qu’il le jugeait opposé aux valeurs de l’évangile.
Lors des 75e et 100e anniversaires de la fondation de la SMA, les papes ont adressé à la SMA des messages de félicitations (on trouve ces messages sur internet). Ces papes exhortaient les « fils de Brésillac » à poursuivre l’œuvre de leur fondateur.
Faire progresser la cause ne peut pas être l’œuvre d’une personne seule : c’est un travail d’équipe, qui demande que tous ceux qui y croient unissent leurs forces.