Imprimer

Un des intervenants

En vue de préparer de futurs témoins de l’Evangile qui témoignent de manière prophétique, dans un monde post-moderne, il est important de savoir quelle spiritualité et perspectives faut-il réinventer pour répondre aux questions élémentaires de développement, de justice et de paix. 

 

C’est ce qui sera abordé au cours de cette matinée avec les derniers intervenants.

Le Père Rémi Kouassi FATCHEOUN, professeur d’exégèse et directeur des études au CFMA, posera la question à savoir quelle spiritualité de la mission comme socle de la Nouvelle Evangélisation. La source de toute spiritualité chrétienne ne change jamais, elle est trinitaire. Il analysera tour à tour quels sont les enjeux dans une société où l’argent règne en maître. Il définira cette spiritualité comme kénotique, référence au Christ à partir de l’expérience de saint Paul en mettant l’accent sur les spécificités de l’annonce de l’Evangile comme missionnaire.

Mais quelle est la place des charismes dans les projets pastoraux ? Le Père Yvon ELENGA, Recteur de l’Institut de Théologie de la Compagnie de Jésus à Abidjan (ITCJ) abordera la nécessité de la réinvention des charismes et des projets pastoraux. Comment réinventer des charismes ? Vatican II a permis de jeter un regard pour être chrétien dans notre monde. Les charismes sont toujours au service de la communauté, comme perspectives de vitalité. Il invite à revenir à la triade : « Diakonia –Kerygma – Koïniona » pour retrouver des réponses adaptées à la créativité missionnaire, au prophétisme (porteur et témoin), à une présence solidaire dans un monde qui se cherche. Rien ne peut se faire sans être guidé par l’Esprit Saint.

Si aujourd’hui la redécouverte de la Mission du Christ en Afrique est un défi pour nous tous, baptisés, au service de l’Eglise, quelle en sera la théologie et la Pastorale ?

Son Exc. Mgr Louis PORTELLA MBUYU, évêque de KINKALA (Congo Brazzaville) Premier Vice Président des Conférences Episcopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) nous invitera à voir l’Eglise qui est en Afrique comme celle qui prend la mesure de ce qu’elle doit dire, faire, partager … Il faut que l’Eglise sache ce qu’Elle est. Elle naît de la Trinité comme le dit saint Irénée avec « les deux mains du Père » (le Fils et l’Esprit).

Il faut voir l’Eglise comme maison et école de la communion. Par les sacrements, Elle se laisse façonner progressivement, d’où le lien entre l’Eglise et le mystère Trinitaire :

Trinité, origine de l’Eglise, Trinité comme modèle de l’Eglise et la Trinité comme fin de l’Eglise, plénitude eschatologique. La première conversion permanente de l’Eglise est d’être Trinitaire. Le mandat missionnaire de l’Eglise vient du cœur du Père, de Dieu. Comment va se faire cette épiphanie Trinitaire ? En évangélisant. Et quelles sont les dimensions évangélisatrices de Jésus :

- C’est le rayonnement de notre témoignage communautaire qui est primordial, nouveau mode de comportement. La Nouvelle Evangélisation (Pères synodaux de 94) doit être centrée sur la personne de Jésus Christ sans oublier la culture qui caractérise ces personnes.

- Promotion humaine partie intégrante de l’annonce de l’Evangile. Aux populations de prendre leur destin en main. La pauvreté devient scandaleuse. Permettre aux populations d’accéder à leur dignité. Par exemple : la sorcellerie bloque la société africaine. Il faut des chercheurs pour aborder ce monde. Apparemment ce sujet n’intéresse guère de monde.

L’Eglise en Afrique a besoin d’une spiritualité, d’une mobilisation intellectuelle pointue, d’une technologie orientée. L’Eglise en Afrique a besoin de ressources humaines et spirituelles dans ce temps qui vient.

Par la suite, commencèrent les procédures habituelles de fin de colloque : amendement et approbation du rapport général en plénière, cérémonie de clôture avec les discours du Père Paul ENNIN pour remercier les intervenants, les invités et tous les participants sans oublier les organisateurs de ce colloque et avec le discours du Père Ignace ANIPU, Président du Conseil d’administration du CFMA, Ouagadougou (Burkina Faso) qui fera la clôture des travaux fructueux et denses de ce colloque international sur la Nouvelle Evangélisation.

Nous ne pouvions pas nous quitter sans rendre grâce au Seigneur autour de la Table de la Parole et du Pain partagé, comme les disciples d’Emmaüs, tout en Le reconnaissant à la fraction du pain et comme Celui qui nous envoie sur les chemins de Galilée.

JL THERON, sma
Directeur du BIRD